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Compte à rebours

![Une horloge binaire](/media/2020/horloge.jpg)

J'ai jamais été une grande enthousiaste de l'été. Comprenez-moi, sur le papier le concept me plaît beaucoup : le summum d'exubérance florale, le vert profond des feuillages, la nature à son paroxysme d'activité, les portées de canetons, pas encore tout à fait des halbrans, qui déjà s'aventurent nager un peu plus loin de leur mère. Mais mes étés n'ont jamais tellement ressemblé à ça.

Les étés ont toujours été trop chauds pour moi. Déjà les étés de mon enfance, que je regrette pourtant maintenant pour la fraîcheur de leur souvenir me paraissaient des fournaises. Il faisait plus de 30 degrés, avec parfois des pics de chaleurs à 35°C, voire 36°C. On appelait ça la «canicule» parce qu'il faisait très chaud. Bon, la chaleur s'estompait la nuit, hein, quand même, il devait faire maximum 16°C ou 17°C. Faut rester dans la mesure.

La source du Mal

![Les deux serpents du logo python invitent Eve à manger la pomme d'Apple](/media/2020/python+mac.png)

La semaine avait plutôt bien commencé. Bien sûr, tout le retard accumulé sur le projet n'allait pas disparaître comme ça mais, quand même, pour une fois les choses donnaient l'impression d'avancer. Pour une fois, l'univers entier semblait avoir consenti à un léger répit pour redonner de l'espoir à la petite équipe du labo. Pour la première fois depuis quelque semaines, je faisais autre chose que harceler des gens par courriel pour obtenir des détails sur les solutions magiques qu'ils nous avaient fait miroiter au moment de déposer des demandes de financement pour le projet, découvrir et corriger une n<sup>ième</sup> incohérence dans le corpus voire une erreur d'encodage dramatique dans les fichier ou faire le bilan sur tout ce qui n'allait pas dans les tâches déjà entamées et parcourir avec crainte la longue liste de celles restantes. J'écrivais du code nécessaire pour le projet, j'entraînais le programme de reconnaissance de structure de texte par apprentissage automatique.

C'est le moment qu'a choisi Mon Chercheur pour débarquer dans le bureau. Il avait besoin de comparer la classification des articles de l'Encyclopédie par domaine de connaissance selon deux sources qui publiaient le texte. Il me montre rapidement comment il s'y prend : il utilise les pages web de chaque projet pour dresser les listes par domaine et essaye de copier-coller les résultats dans un fichier texte pour pouvoir ensuite effectuer les comparaisons. Ça marchait franchement pas si mal jusqu'à ce qu'il tombe sur sa majesté la Botanique, qui est venue titiller son sens de la ténacité avec sa cour de 4000 articles. Clairement, la méthode crapi-crapaud que j'te copie-colle le texte des pages web, ça allait bien deux minutes.

Des mauvais bouquins

Comme je le disais dans mon [précédent article](/articles/Soleil%20en%20bo%C3%AEte.html), le temps est passé bien vite ces ~~deux~~ ~~trois~~ quatre derniers mois mais, à ma grande surprise, j'ai quand même eu le temps de grignoter un peu ma [PAL](/articles/PAL.html). Pour être honnête, je ne sais pas vraiment quand j'ai lu ces livres. Je n'ai aucun alibi. J'ai une vision très floue du temps ces dernières semaines mais je serais prête, en toute bonne foi et en m'appuyant sur les quelques impressions suffisamment nettes que le temps n'a pas pu complètement dissiper, à attester que je n'ai quasiment pas lu.

Ce n'est pas non plus que je sois une lectrice rapide. Enfant et jusqu'à l'adolescence, je dévorais, j'ingurgitais sans retenue le texte. Pour faire au moins une pause dans la métaphore alimentaire, j'avais presque l'impression que je rentrais dans le texte, que je perdais le contact avec ce cadre coloré autour des pages qui semblait s'appeler «réalité» par convention. Mon esprit était branché au livre et je recevais directement son contenu comme s'il se matérialisait directement dans ma tête. D'ailleurs je faisais de nombreux rêves de lecture, dans lesquels je prolongeais une histoire, voire je lisais la fin d'un texte qui n'avait pas encore été publié. Je tiens à préciser la nuance ici : on pourrait croire que je me contentais de faire des rêves dans l'univers du livre que j'étais en train de lire, alors qu'il s'agissait bien distinctement d'un rêve de lecture. Je rêvais clairement être assise, un livre entre les mains, je percevais la sensation du papier et je tournais les pages. Preuve si besoin était que je ne perdais pas le sens de la réalité et que j'avais encore conscience de ma situation physique pendant les longues heures que je passais allongée sur mon lit avec un livre.

Pour aggraver les choses, j'étais dans une relation de rivalité avec une camarade de classe, bibliovore tout autant que moi. Nous étions assez amies mais en lutte permanente pour les meilleures notes à l'école, d'autant plus que nos parents se connaissaient mais venaient de milieux sociaux différents. Sans doute avions-nous trouvé que toutes les matières dispensées au collège, du sport aux langues vivantes en passant par les disciplines scientifiques n'étaient pas un terrain assez vaste pour un combat aussi vain et avions-nous ainsi ajouté le domaine qui entre tous n'est pas celui de la compétition pour faire de la lecture elle-même un art martial. Nous filions de concert sur le texte à une allure folle, partageant entre les cours nos impressions et nous étourdissant de nos personnages préférés. Rétrospectivement je ne peux pas m'empêcher de nous trouver ridicules et en même temps je n'arrive pas à dissiper l'impression que nous avions capturé quelque chose de fondamental dans l'acte de lire, sinon dans l'esprit de défi au moins dans l'absolu avec lequel nous nous absorbions dans les pages.

Soleil en boîte

Début septembre, peu après avoir fini [ma première paire de mitaines](https://bidule.menf.in/notice/9mCf7HAlvbEdA88Cjg), j'ai voulu en tricoter une deuxième pour ma douce et tendre. Mais avant de pouvoir m'y mettre, je suis tombée sur cette super [série d'articles](https://framapiaf.org/@liferoadknitting/102706182788448424) de Liferoad Knitting et j'ai pris conscience que je n'avais même pas les techniques de base pour prendre correctement soin de mon tricot et avoir un minimum de contrôle sur ce que je faisais.

Alors, j'ai décidé avant d'entamer ma deuxième paire de mitaine de tricoter un échantillon de la laine que nous avions choisi ensemble, de le laver et de le fixer pour voir comment il allait réagir et adapter mon modèle aux dimensions propres de cette laine. J'ai fait ça un bel après-midi ensoleillé de septembre, j'ai pris des photos pour documenter le processus en me disant que ce ferait un bel article pour ce blog et finalement je n'ai pas pris le temps de l'écrire.

Octobre est arrivé, avec pas mal de choses à faire (notamment #inktober, c'était sympa mais purée ! qu'est-ce que ça fait comme boulot !) et je n'ai pas davantage pris le temps de l'écrire. Novembre ne commence pas beaucoup mieux, malgré une très très bonne nouvelle (mais qui met du temps à porter ses fruits) et donc si je ne me bouge pas, je sens que ces photos ne seront jamais publiée. Et comme il a copieusement plu toute la journée, je me dis que c'est peut-être le temps de ressortir ces souvenirs de fin d'été.

Ma job

En lisant mon flux d'abonnements sur la Fédiverse, j'ai un peu l'impression qu'il y a beaucoup beaucoup de gens dans l'informatique en général, et le plus souvent en développement ou en administration système & réseau. Bon, nous avons pas mal de libraires et de gens autour des métiers du livre aussi, ça c'est chouette, mais quand même plein d'informaticien·ne. Je n'échappe pas à la règle mais en commençant à aborder mon travail [ici](https://bidule.menf.in/notice/127471) ou [là](https://bidule.menf.in/notice/656728), j'ai l'impression que j'en ai surpris plus d'un·e qui m'imaginais à un poste plus conventionnel dans une S2I ou une startup[^startup].

Alors, c'est vrai, je faisais exactement ça lors de mes deux premiers emplois. J'ai fait une école d'ingé, me suis spécialisée en informatique, guettant toute bonne opportunité de finir dans un labo de recherche mais mes profs — tou·tes chercheur·ses dans le gros labo voisin — ont réussi à m'en éloigner et à me faire croire — temporairement — que je n'étais pas faite pour la recherche. J'ai décroché mon premier poste en tant que développeuse PHP puis j'ai été administratrice système et réseau dans des boîtes tout à fait classiques.

## La transition

Vidéophobie

<img alt="Le logo officiel du projet PeerTube" src="/media/2019/07/Logo_de_PeerTube.svg" height="200px"/>

J'ai vu passer une question super intéressante sur la [Fédiverse](https://bidule.menf.in/main/all) aujourd'hui alors comme je suis polie (enfin j'essaye) je l'ai boostée pour que d'autres puissent la voir et y répondre et je me suis mise à essayer de rédiger une réponse mais en fait j'y suis encore alors je me dis que le mieux serait sans doute de mettre ça sous forme d'un court post.

Tout ce que je vais pouvoir dire ici n'est qu'en tant que spectatrice, que public potentiel des vidéos. Je n'ai jamais fait, je n'ai jamais même seulement essayé de produire de vidéos (et ça a l'air tellement dur, je suis pas prête d'essayer ^^' en tout cas toute seule).

Ma vie de lesbienne

![Une devanture de pub en Irlande](/media/2019/07/pub.jpg)

Sur la table ne restent plus que nos verres vides et dans nos assiettes quelques traces, de coulis au fruits rouge et de chocolat respectivement. Je suis contente d'être avec elle. Ça faisait longtemps que nous n'étions pas sorties et je constate avec plaisir qu'elle est beaucoup plus détendue que quand nous nous sommes assises à table tout à l'heure.

Je me sens bien, j'ai pu me relâcher un peu moi aussi. Je n'ai pas croisé de regards inquisiteurs, le serveur n'a pas eu l'air d'hésiter en nous accueillant d'un dynamique «Bonsoir Mesdames !» avant de nous conduire à cette petite table isolée.

La fibre et moi, un amour impossible

<img alt="Un faisceau de fibres optiques au pointes lumineuses, baignant dans une lumière bleutée" src="/media/2019/06/fibre.jpg" width="500px"/>

Ça fait un mois que j'ai l'impression de pas arrêter à avoir des trucs à faire tout le temps. Ça fait aussi un mois que j'ai plein d'idées d'articles que je veux écrire et que… je n'ai pas écrit.

Je dois toujours vous parler de mon boulot (même si le [dernier](/articles/Le%20tronçonneur%20des%20Lilas.html) article en a déjà montré au moins quelques aspects), j'ai enfin achevé et remis ma requête de Changement d'État-Civil au Tribunal de Grande Instance et j'aimerais bien parler d'un aspect qui m'a intéressé dans la formulation de la requête mais ça prendra bien un article à part (voire deux ou trois, si je dis «Correspondance de Curry-Howard», ça vous parle ? je me demande s'il faudrait pas déjà un article rien que pour expliquer ce concept).

Hablo !

![L'icône du projet Hablo, un perroquet gris du gabon stylisé dans un carré qui regarde vers le haut](/media/2019/04/22/hablo.svg)

Bon, ça y est, les dernières semaines furent les plus dures mais j'ai enfin releasé la première version de [hablo](https://git.marvid.fr/Tissevert/hablo) mon générateur de blog !

Je me sens vraiment soulagée, ça me pesait beaucoup ces derniers jours. J'ai d'abord quasi-terminé le code mais je n'avais [pas écrit](/articles/Saturday%20afternoon%20unexpected%20fun%20adventure.html) la documentation. Premier ascenseur émotionnel, aller, t'as pas fini, repars écrire ta doc ! J'ai mis quelques semaines pour peaufiner ça, des gens super sympas m'ont relue (merci encore, [@eliotberriot](https://mastodon.eliotberriot.com/@eliotberriot) !) et là, vraiment certaine qu'il n'y avait plus rien à faire, je me suis retrouvée figée, incapable d'appuyer sur le bouton pour fusionner les branches et ajouter la documentation sur ma branche *master*.

Quelque chose

<img alt="De l'herbe avec une touffe de fleurs violettes" src="/media/2019/02/22/fleurs.jpg"/>

Avant j'avais un blog. Et puis je l'ai fermé. Une belle 410 toute propre pour montrer que c'était fini. Comme une rupture. Avant j'avais besoin de fins tragiques, de départs définitifs comme ça.

Avant, c'était avant. Un peu une autre vie. J'ai compris des choses sur moi, je sais pourquoi je voulais tout casser quand ça n'allait pas et repartir à zéro alors que c'était impossible. Je n'ai plus ce besoin d'enlaidir encore ce qui est laid, d'empirer le pire.